Il y a, dans la musique, des voix qui semblent d’un autre temps. Des présences qui n’appartiennent ni à hier ni à aujourd’hui tant elles encapsulent plusieurs époques, en apesanteur au-dessus des tendances. Laure Briard est de celles-ci. Rétro dans la forme, mais dans le fond, la musicienne - à la carrière riche en virages esthétiques - a tout d’une compositrice contemporaine avec un supplément : ce petit quelque chose de magique qui colore ses morceaux d’un filtre éternel. Depuis Révélation (2015), hommage à la pop française des années 1960, Laure Briard fait évoluer son univers au fil des rencontres et des voyages : arrangements chaleureux partagés avec ses musiciens de longue date, tournée charnière au Brésil, collaboration avec Boogarins, EPs en portugais, touches de bossa nova et de folk... jusqu’au désert californien de Ne pas trop rester bleue (2023).
Avec son nouvel album, la musicienne puise cette fois une énergie plus intérieure. Inspiré par une période de vie marquée par la maternité, l’album déploie des chansons épurées, sensibles et introspectives, cherchant l’équilibre entre nostalgie et acuité au présent. Fruit d’une collaboration avec Gaëtan Nonchalant, qui co-signe cinq chansons, il est enregistré au Studio Nocturne avec Pieuvre (Vincent Guyot), Léo Blomov, Pierre-Louis Vizioz et Hedi Bensalem. “Rocking Chair” ouvre un espace de douceur et annonce la couleur du projet à venir : une rythmique souple et organique, un piano mélodique et des guitares 70s, entre folk solaire, soft rock et poésie du quotidien. Le titre sortira avec un clip signé Norma, fidèle collaboratrice de l'artiste qui avait déjà réalisé celui de Eu Voo en 2021.