Il y a ceux qui touchent à l’art pour gagner le succès, et ceux dont le succès n’est qu’un moyen pour pouvoir faire de l’art. Myra crée comme d’autres respirent. Loin de suivre ce qui se fait, elle produit une musique où s’entrelace exactement tout ce qui l’habite, quitte à proposer quelque chose de différent.
YAPI, c’est un retour à la maison. Entourée d’une joyeuse troupe, elle est allée le penser entièrement en Grèce, comme à la recherche de son identité. Pour Myra, l’identité, c’est certes l’environnement familial ou la spiritualité, mais aussi les origines et ce projet s’est imposé comme une évidence pour compléter son œuvre.
On entend le soleil dans cet album, il a été enregistré au milieu des citronniers, des orangers, et de visages amicaux, comme si soudain se scénarisait sous ciel bleu la meilleure atmosphère pour rendre hommage à tout un pays et un peuple. YAPI se conçoit comme un patchwork de ce qu’est Myra et le monde qui l’entoure: on y trouve de tout comme dans une salade grecque.
Myra s’est passionnée pour les yapis, maisons - chantiers inachevés qui jonchent les paysages de Grèce. On y passe du saudade aux chants populaires grecs traditionnels et c’est la métaphore d’un pont entre tout ce que Myra fait et ce qu’elle est. C’est le bilan d’une quête de sens. C’est profond, dansant, réconfortant. C’est bleu. Bleu comme la Grèce, et bleue comme la vie, dans ses joies et ses peines, ou rien n’est jamais ni tout noir ni tout blanc.